C’est le retour au bureau aujourd’hui, et je regarde déjà mes photos avec nostalgie. Le temps est un vrai luxe ! Pour cette rentrée, j’ai eu envie de partager avec vous mes balades patrimoniales, mes visites culturelles et mes lectures de vacances.
Qu’ai-je fait pendant mes congés ?
Je suis allée au Signe, le centre national du graphisme, une belle institution qui se trouve à Chaumont, en Haute-Marne. J’en ai déjà parlé sur ce blog. Si vous vous intéressez au design graphique, offrez-vous un petit aller-retour à Chaumont, le Signe est le lieu incontournable pour les graphistes et plus généralement les esprits créatifs. Cette année, il présentait la vibrante exposition « Un voyage illustré en Ukraine ». Cette exposition m’a bouleversée.
Elle démarre sur deux citations de Winston Churchill que je partage avec vous : « Si ce n’est pour la culture, pourquoi nous battons-nous, alors ? » et « Les arts sont essentiels à toute vie nationale complète. La puissance publique se doit de les soutenir et de les encourager ».



Ensuite, c’est à Etel que j’ai posé mes valises. J’y ai revu la glacière municipale, toute belle, toute neuve. La dernière fois que j’y étais allée, elle était encore en travaux. La glacière fabriquait de la glace lorsque l’activité de pêche d’Étel battait son plein. Elle a été édifiée juste après guerre, en 1946, pouvait fournir jusqu’à 70 tonnes de glace par jour ce qui permettait de conserver les thons dans les bateaux.


Aujourd’hui, il n’y a plus l’effervescence des thoniers sur le port d’Étel. Mais voyez ci-dessous, j’y suis photographiée avec mon grand frère en 1980. On constate que les bateaux de pêche y sont encore bien présents. Sur le quai, observez ce magnifique spécimen de design automobile qu’était la R6 familiale ; nous la trouvions très moche, elle l’était de toute évidence.


Je me suis rendue aussi au Musée des Thoniers (Étel). Cette maquette m’a interpellée ; ce bateau est sans doute l’héritier d’un modèle de canot plus ancien que l’on retrouve un peu partout dans les stations balnéaires de l’ouest (lire mon article sur le canot de sauvetage de la station de Primel) comme le démontrent ces cartes postales anciennes du début du XXe siècle, de Cayeux-sur-Mer et du Cap-Ferret.



Ici, Saint-Cado, un paysage de carte postale bien connu.
Ensuite, je suis allée passer quelques jours dans le Golf du Morbihan sur la presquîle de Ruys. Je suis retrournée visiter le château de Suscinio. La dernière fois, c’était en 1994, l’année du bac. Il n’y avait pas un chat. En ce mois d’août 2026, j’ai découvert un château bondé de monde, mais magnifiquement réhabilité.
Mon père a retrouvé quelques diapos de 1978, je vous partage ici l’une d’elle où je pose avec ma maman. J’ai trois ans, le château est en piteux état (voir également la photo de couverture de cet article qui a été prise le même jour).


Les vacances permettent aussi de lire. Je n’avais jamais lu Romain Gary, une amie me l’avait conseillé. J’ai choisi de découvrir cet auteur avec « Chien Blanc« , un roman qui parle de la vie de Romain Gary dans l’Amérique raciste des années 60, avec les meurtres et passages à tabac des noirs, avec une société holywoodienne bien pensante qui se donne bonne conscience en distribuant des milliers de dollars aux associations qui défendent les droits des noirs. Chien blanc, n’est pas blanc, mais c’est un chien dressé pour tuer les noirs. Le sujet est très intéressant, le récit très bien écrit naturellement. Attendez-vous toutefois à une lecture dérangeante.

Je n’avais jamais lu non plus d’œuvre d’Anatole Le Braz. Et comme j’ai commencé une mission de valorisation du phare du Minou (Plouzané – 29), je me suis intéressée à son unique roman « Le Gardien du feu » qui raconte la vie d’un jeune couple. Lui, gardien de phare, Léonard ténébreux, qui se bat contre ses propres démons, elle, jeune femme originaire du Trégor, joyeuse et vivante, qui s’éteint petit à petit aux côtés de son époux. J’y ai pris beaucoup de plaisir, la langue y est très belle.
Cette lecture complète bien le livre de Jean-Pierre Abraham « Ar-Men » que je vous conseille tout autant si les phares vous intéressent.
« Les évadés du convoi 53 » raconte l’histoire d’un groupe d’hommes qui prennent conscience, alors qu’ils sont en transit au camp de Drancy, que le train qui les attend les emmène vers une mort certaine. Et c’est depuis ce convoi qu’ils tentent l’impossible.
Benjamin Fogel raconte ici l’histoire de son grand-père, rescapé miraculé de ce voyage vers l’enfer.
Le roman n’est pas sans évoquer « Le Grand Voyage » de Jorge Semprun, un auteur que j’aime beaucoup.
Et puis pour finir, « Terre des Hommes« , d’Antoine de Saint-Exupéry, illustré par le talentueux Riad Sattouf. On voyage en regardant la terre vue du ciel, les dessins illustrent magnifiquement le récit, l’écriture est sublime.
Un peu de dessin enfin, de multiples balades, des couchers de soleil, de l’amitié et des moments singuliers qui me permettent de reprendre le travail aujourd’hui avec de belles images dans la tête. Bonne rentrée à tous !

